vendredi 4 avril 2025

Dar l'Invincible (1982)

Petit retour à la fantasy avec Dar l'Invincible, sorti en 1982, avec Marc Singer dans le rôle de Dar, le maître des animaux; c'est d'ailleurs le titre original The Beastmaster, étrangement traduit dans la version française, peut-être pour faire référence dans l'esprit du public à l'autre film de Sword & Sorcery sorti la même année, Conan The Barbarian.

L'histoire du film en quelques mots:

Dar, fils du roi légitime, destiné d'après une prophétie à détruire Maax, le tyran des forces du mal, est marqué à la naissance avant d'être sacrifié, mais il est sauvé par un homme qui le ramène dans son petit village et l'élève comme son propre fils. Adulte, son petit village ainsi que sa famille adoptive sont massacrés par des brigands à la solde du tyran. Unique survivant, il part à l'aventure dans le but de se venger; sur son chemin rencontrera des alliés parmi lesquels des animaux - deux furets, un aigle et un tigre noir - avec qui il communique grâce à son don de télépathie. Il sauvera la belle Kiri, esclave du tyran, et s'alliera à Tal (le second fils du roi) et Seth, un valeureux guerrier, pour renverser Maax et rétablir la justice.

Difficile de ne pas comparer Dar à Conan, d'autant que les deux films sont sortis la même année. Là où Conan le Barbare se pose comme un chef d'oeuvre, servi par une BO incroyable de Basil Poledouris, Dar fait pâle figure. Un scénario des plus simples, un jeu d'acteurs quasiment inexistant, des combats mal réglés et des décors en carton... on a des animaux dressés mais c'est à peu près tout. Même l'univers manque cruellement de profondeur là où Conan explorait quand même des thèmes comme le contrôle de la religion et la quête de liberté.

Dar l'Invincible est à ranger en haut de l'étagère des gentils nanars fantasy, un bel exemple de ce qui se faisait dans les années 80 en terme de Sword & Sorcery familial. Devenu culte avec les années au même titre que The Barbarians, autre navet épique.

lundi 31 mars 2025

Need to Know (Delta Green, VF)

Téléchargé et lu il y a déjà un moment, je n'avais pas encore posté d'avis sur Need to Know, le kit découverte de la nouvelle édition de Delta Green, jadis supplément pour l'Appel de Cthulhu, aujourd'hui jeu à part entière.

Need to know se présente sous la forme d'un PDF de 49 pages et se veut une découverte/introduction à Delta Green, un jeu de role de conspirations et d'horreurs lovecraftiennes. On a une présentation succincte de l'univers de jeu (Cthulhu de nos jours + agences de renseignements style FBI/CIA), le rôle de la joueuse et ce qu'est un Officier Traitant du Delta Green, la présentation de la fiche de personnage et la création d'un personnage, un abrégé des règles et un scénario de découverte intitulé La dernière mission.

Je ne vais pas trop m'attarder sur les règles; sachez seulement qu'on retrouve un système de jeu à base de pourcentages, très proche de celui de l'Appel de Cthulhu. Les habitués ne seront pas perdus. C'est carré et efficace, pour peu qu'on apprécie le d100. Pour ma part, j'ai pratiqué des années durant l'Appel de Cthulhu et le supplément Delta Green édité par Descartes dans les années 90. Avec le temps, j'ai lentement glissé vers un système plus léger, Cthulhu Dark pour ne pas le nommer. Si je propose du Cthulhu/Delta Green, il y a de fortes chances que ça sera sous Cthulhu Dark. Mais c'est bien entendu ma préférence personnelle. Ce qui est proposé ici avec cette nouvelle mouture de Delta Green est très bien.

A noter que les nouvelles règles de Delta Green mettent en avant la gestion de la Folie, la Santé Mentale et l'Attache, un lien entre le personnage et son coéquipier, ou sa famille, un thérapeute, un groupe... cela permet d'approfondir le personnage, de le doter d'une histoire personnelle qui sera utilisé en jeu pour l'aider à surmonter les traumatismes, ou au contraire le plonger dans les affres de la folie.

Parlons un peu du scénario La dernière mission.

Le synopsis en quelques mots: suite au décès de Clyde Baughman, ancien agent Delta Green, les PJ sont chargés de nettoyer son appartement avant l'arrivée des héritiers, histoire qu'aucune preuve des activités de Delta Green ne subsiste. Une mission de routine. Bien entendu, les choses ne vont pas être aussi simples et les PJ découvriront un sombre secret qui mettra leur intégrité mentale à rude épreuve.

L'intrigue (assez classique) est bien ficelée et permettra aux PJ de faire leurs premiers pas dans l'organisation ainsi que dans le jeu; somme toute le but de ce genre de livret. Une piste d'indices à suivre, une découverte déconcertante, un dilemme moral à trancher et une résolution. Jouable à mon sens en une séance de trois ou quatre heures.

Comme mentionné plus haut, si je fais jouer cette histoire, ça sera très certainement avec Cthulhu Dark, mon système de jeu léger favori pour du Cthulhu/Lovecraft. Mis à part cette exclusive personnelle, rien à redire sur Need to know.  Une mise en bouche plutôt réussie.

dimanche 30 mars 2025

Les Guetteurs

La voiture de Mina tombe en panne au beau milieu d'une forêt d'Irlande. La jeune femme se retrouve totalement égarée lorsqu'elle trouve refuge à la nuit tombée dans un étrange bunker occupé par trois autres personnes. Alors que les derniers rayons du soleil caressent la cime des arbres, les guetteurs sortent de leurs tanières et viennent observer les humains captifs.

Des égarés en forêt, des monstres qui sortent à la nuit tombée, un refuge et des règles très strictes à respecter, un étrange pacte et l'impossibilité de quitter la forêt. Tels sont les ingrédients de ce conte horrifique nimbé de folklore signé Night Shyamalan. Un divertissement honnête (pour un dimanche soir), une intrigue plutôt bien ficelée même si je n'adhère pas trop à la révélation de fin.

Une source d'inspiration pour vos scénarios de Cthulhu ou de Vaesen.

Color out of space

Les Gardner ont à peine le temps de s'habituer à la vie de la campagne qu'une météorite s'écrase dans leur jardin en pleine nuit, dans un halo d'une lumière étrange. Dans les jours qui suivent, la propriété familiale semble contaminée par un mal indicible, qui affecte la flore, la faune et les Gardner.

Une adaptation contemporaine de la nouvelle La couleur tombée du ciel de HP Lovecraft. Une adaptation plutôt réussie, une mise en situation en douceur puis une horreur qui prend progressivement de l'ampleur, d'abord par petites touches puis soudainement les choses s'accélèrent pour atteindre un climax terrifiant. Une immersion dans l'horreur Lovecraftienne dans toute sa splendeur... l'incompréhension des hommes face à l'indicible. Et un petit clin au maître de Providence avec un personnage qui se nomme Ward Phillips.

vendredi 28 mars 2025

Le rituel

Un groupe d'amis décident de faire une randonnée sur la Voie Royale en Suède. En prenant un raccourci, ils s'égarent dans la forêt. Bientôt la nuit tombe et une présence malfaisante rôde dans les bois...

Un groupe de randonneurs, un forêt brumeuse, des traces d'un étrange culte ancien, une présence malfaisante qui rôde à la nuit tombée; tous les ingrédients sont réunis pour une heure et demi de terreur forestière. Une petite production Netflix certes sans grande surprise mais pas dénuée d'intérêt. Et un peu d'inspiration pour un scénario très classique du Mythe de Cthulhu (ou tout autre jeu de rôle horrifique). L'histoire se passe de nos jours mais pourrait très aisément transposée à Vaesen.

Mickey7 (Edward Ashton)

Mickey7 est un Consommable : un employé jetable d’une expédition humaine envoyée sur Niflheim, un monde de glace, pour le coloniser. Dès qu’une mission paraît trop dangereuse – voire suicidaire –, l’équipage se tourne vers lui. À la mort d’une version, un nouveau corps est régénéré, sa mémoire pratiquement intacte. Et après six morts, Mickey7 a bien compris pourquoi son poste restait le seul disponible de l’expédition quand il l’a accepté. Et puis, au cours d’une mission de routine, Mickey7 est porté disparu et présumé mort. Le temps qu’il regagne la base de la colonie, étonnamment aidé par une forme de vie locale, il est trop tard : un nouveau clone, Mickey8, occupe déjà son poste. Et l’idée de Consommables « en double » est une abomination aux yeux de tous. S’ils sont pris, ils finiront probablement tous deux dans le recycleur à protéines. Pendant ce temps, les conditions de vie sur Niflheim se compliquent, surtout lorsque cette étrange forme de vie s’intéresse à ses nouveaux voisins. En fin de compte, le sort des deux espèces dépendra peut-être de Mickey7... à condition, bien sûr, qu’il ne meure pas pour de bon.

Mickey7 est le roman qui a inspiré le film presque éponyme Mickey 17. On suit le destin à la fois pathétique et hilarant de Mickey Barnes, embarqué dans un projet de colonisation d'une planète hostile en tant que consommable, autrement dit humain jetable.

J'ai adoré cette lecture. L'histoire, racontée à la première personne, nous met vraiment dans la peau de Mickey. Loin de l'épopée grandiose de l'humanité, on y vit au jour le jour la vie de cet employé si particulier, ses relations compliquées avec les autres membres de l'expédition, son questionnement par rapport à sa prétendue immortalité via la technologie de la réplication humaine, et on assiste à l'inexorable dégringolade des événements, un peu à la façon de Fargo où rien ne semble vouloir se passer comme prévu.

Le ton est résolument humoristique, mais un humour noir, grinçant, caustique, une critique assumée de la société capitaliste, où les gens ne sont finalement que des consommables. On devine en filigrane un univers plus vaste par l'intermédiaire de Mickey, une diaspora humaine à travers l'univers comme une fuite en avant après la chute de la Terre. Même si l'histoire en tant que telle ne dure que quelques jours, les réflexions de Mickey et des flash-backs nous font découvrir le triste destin de l'humanité à l'assaut des étoiles... avec toujours cette petite touche ironique.

Une lecture plaisante, une fin peut-être un peu abrupte. A lire très certainement avant d'aller voir le film.

mercredi 26 mars 2025

Sphère (1998)

Suite à la découverte d'un immense vaisseau spatial d'origine inconnue au fond de l'océan pacifique, le gouvernement monte une équipe de spécialistes - un psychologue, une biochimiste, un mathématicien et un astrophysicien - afin de prendre contact avec d'éventuels extraterrestres. Sur place, ils vont faire une découverte déconcertante, une découverte qui les confrontera à leurs pires peurs...

J'avais envie de me replonger, sans jeu de mots, dans une atmosphère d'horreur et de fantastique; c'est du moins ce que j'ai tenté de faire avec ce thriller de science-fiction, que j'avais vu il me semble mais dont je n'avais gardé qu'un vague souvenir. 

Sans être mauvais, ce film est sans véritable surprise, successions de révélations évidentes et de scènes qui se veulent effrayantes; Sphère rate la cible et ne parvient pas à créer cette atmosphère de peur claustrophobique qu'on aurait pu espérer d'une telle histoire. Dommage car tout n'est pas à jeter dans ce film, à commencer par la nature même de la sphère et le décor de huit clos sous-marin propice à toutes les paranoïa. On remplace la sphère par un artefact du mythe; on ajoute un soupçon de Profonds et quelques ruines antédiluviennes et vous pouvez rejouer cette histoire en mode Cthulhu.